Chapitre XI - Les Guerrières Jumelles

21/12/2015 13:50 par Lylhou

Ma sœur, Arachis, n’est toujours pas rentrée et l’après-midi touche à sa fin. Nous venons de terminer de refaire nos emplettes pour la suite du voyage et je raccompagne maintenant mes camarades à l’auberge du Grand Arbre.

Bien que nous n’ayons pas appris grand-chose durant notre réunion avec les Gardes Verts, les dernières rumeurs furent plutôt croustillantes à entendre.

Avant que je ne continu, sachez que les korks ne sont pas tous des idiots. Certains de leurs chefs parviennent parfois à soutirer des informations à des individus peu scrupuleux. C’est fou d’ailleurs comment, avec quelques trônes, les gens sont prêt à vendre jusqu’à père et mère… C’est donc à cause de ces « espions » au rabais que la grande majorité des missions de haute priorité sont tenues secrètes. Seul les responsables importants des cités et des guildes concernées sont au courant, et parfois même, seul l’est le commanditaire (et les membres choisit pour la mission bien entendu), notamment lorsque ces mission relèvent d’un transport de richesse.

Aux dernières nouvelles donc, les deux guildes d’aventuriers concourantes de Mass’Kiria : Aurores Éternelles et Poussières d’Étoiles, mènent une mission de chasse dans la Vallée du Guiers pour renforcer leurs relations. On raconte qu’Okamy a pour objectif secret de se rapprocher de moi de manière à séduire mon père et ainsi se marier avec ce dernier. De ce mariage déboucherai une fusion des deux structures (haha, j’en ris encore).

En fait, plus la rumeur est grotesque et plus les gens marchent dedans. C’est tellement pathétique…

 

Donc, après notre entrevue, les deux Gardes Verts nous laissèrent et nous avons profité de la fin d’après-midi pour renouveler nos stocks de provision et flâner dans le quartier des marchands. Akhe’rases nous avait aimablement indiqué que des chambres avaient été réservé (et payées par nos guildes respectives) au Grand Arbre, une auberge située sur la Place du Marché. Le frère de Frek’thar était ensuite retourné auprès de ses hommes pour préparer ses rondes nocturnes. Xan’thane, quant à elle, était reparti en patrouille. Étant une bonne cavalière, elle fait partie des gardes montés qui récupérèrent les voyageurs en retard avant que les portes de la ville ne soient fermées pour la nuit. Ces rondes équestres sont également l’occasion de rallumer les torches éteintes et de signaler les divers obstacles qui encombrent la chaussée pour que les cantonniers puissent, dès le lendemain matin, aller les déblayer. Ces patrouilles sont une attribution spécifique aux Gardes Verts.

Okamy et Eridan sont derrière moi, mais je ne vois toujours aucun signe d’Arachis alors qu’on arrive devant notre auberge.

Le Grand Arbre est une des plus grands établissements de la ville, mais pas le plus distingués. Bon, en tant qu’aventurière, je passe rarement par des auberges chics, car chères, mais là, comme c’est la guilde qui payait, j’aurai bien aimé faire un tour au Grand Palace ou à l’Hôtel des Rois.

Alors que mon ventre se met à gargouiller, attablée en terrasse, deux jeunes femmes attirent tout à coup mon attention. Troublée, je m’approche d’elles

Ces dernières ne pouvaient pas passer inaperçues.

Deux ondines revêtues d’armures de mailles et de cuirs qui portent chacune à la ceinture une paire d’épées courtes, dont la garde resplendissante indiquait qu’il s’agissait de lame d’exception. Yeux océan, cheveux longs blond cendré aux reflets d’or, joli minois et stature svelte, celle de gauche semble légèrement plus grande que celle de droite. Cheveux noirs coiffés d’une queue de cheval qui lui descend jusqu’aux reins, yeux sombres et pénétrants, visage fin et petit nez, celle de droite semble cependant plus farouche.

Je reste un instant en suspens, la bouchée bée.

- Ça alors… Ce sont les deux Guerrières Jumelles, les Sœurs des Eaux : la Derviche Tournoyante et la Danseuse Céruléenne.

Je me retourne et vois Eridan, qui semble en totale admiration face à elle.

- Vous les connaissez ? demandè-je alors, sérieusement étonné qu’il sache qui elles étaient.

- Je suis un ancien soldat de Mass’Suna, Lylhou, fille de Vindikaëll. Je connais tous les mercenaires célèbres de Ny’ar. Et celle-là sont dans le top 25 HM. Alors, oui, un peu que je les connais !

Les mercenaires, comme celle que nous voyons actuellement, sont classés par les Princes Marchands et les guildes dans le registre du Haut Mercenariat. Il détermine la réputation, la rentabilité et les spécialités de chacun d’entre eux et les 25 meilleurs sont désignés comme faisant partit du « top 25 HM ». Dans ce top 25, on trouve de tout. Des bon gars, à l’image des Guerrières Jumelles, ou de Jo’nas Doubles Crocs l’Incorruptible, mais aussi de sombre individus peu scrupuleux, célèbre pour leurs assassinats ou leurs tristes méfaits, à l’image de la Lame de l’Ombre ou de l’Assassin des Rois…

L’une des deux sœurs croise alors mon regard et me fait signe d’approcher. J’accepte avec joie son invitation.

- Lylhou, fille de Vindikaëll, je me trompe ? commence la blonde en inclinant la tête avec respect.

- Non, vous ne vous trompez pas. C’est un honneur que de rencontrer les deux Guerrières Jumelles.

Sa sœur penche légèrement la tête en guise de réponse.

- Il est rare de croiser des membres de notre peuple, continue la blonde. Nous feriez-vous l’honneur de partager notre repas ?

J’hésite un instant, étonnée de sa proposition, puis enchaine :

- Bien sûr. Avec plaisir. Mais je suis accompagné, dis-je en désignant de la main mes compagnons qui étaient restés en retrait.

- Les amis de nos amis sont nos amis, ajoute la brune en riant. Venez, nous allions justement commander.

Elles nous invitent à nous assoir à leur table d’un geste et je leurs présente mes compagnons :

- Voici Éridan, fils de Lilian, Guerrier d’Aurore Éternelle et Okamy, fille d’Orimy, Prêtresse de l’Eau de la guilde des Poussières d’Étoiles.

- Enchanté. Je suis Maureen, se présente la blonde. Et voici ma sœur Naomi. Nous sommes les Guerrières Jumelles, les Sœurs des Eaux.

- Votre réputation vous précède. Que faite-vous à Lass’Arbora ?

- Nous sommes en pèlerinage. Nous voulons allez voir les ruines de Cyrène.

Mes yeux s’illuminent.

- Cyrène ? Le bastion ondines de Ny’ar disparut durant la Chute ? demande Okamy, intrigué.

- Oui, celui-là même.

Encyclopédie des Savoirs Anciens : Les félins, les férals aux neuf vies

21/12/2015 13:49 par Lylhou

Les félins sont des férals carnivores au crâne rond et raccourci qui descendent des panthères et des tigres. Intelligent, mais parfois paresseux, ils ont une affinité toute particulière avec l’élément Feu, même s’ils ne sont pas toujours liés à ce dernier. Les panthères blanches de la Forêt de Blanche-Épines sont liées à l’élément Eau, par exemple, tandis que les lynx des toundras des Collines Bleues sont eux associé à l’élément Air.

Les félins vivent généralement en meute, à l’image des grands lions de la Savane de Brokar, ou en couple, comme les panthères blanches. Ils ne vivent que très rarement en compagnie des humains, qu’ils trouvent faibles et trop expansionnistes à leur goût, mais ils peuvent être appelés par l’Empathie Sauvage d’un rôdeur ou d’un druide.

Les chats, quant à eux, sont des félins plus malins et beaucoup plus petits que leurs cousins. Comme ces derniers vivent principalement dans les grandes villes ou les villages en compagnie des humains, les chats sont peu appréciés des autres félins. Cependant, en cas de menace commune, ils savent tout de même se serrer les coudes. Les chats sous leurs formes normales ne sont dangereux que pour les rongeurs ou les petits mammifères qu’ils chassent pour se nourrir. Mais contre de grands dangers, ils peuvent prendre une forme plus imposante et devenir de redoutables prédateurs.

Quelques soit le lien élémentaire des félins, le Feu coule dans leur veine et ils ont appris à maitriser parfaitement ses capacités régénératives, si bien qu’il est communément admis par les érudits qu’ils disposent de plusieurs « vies ». Secret bien gardé, le nombre de vies dont dispose un félin dépendrait de sa puissance élémentaire de Feu brute et de son lien général avec Calcination.

Il est dit qu’un félin sait, dès la naissance, à combien de vie il a droit. Il est dit aussi que parfois, ils peuvent aller au-delà de cette prévision, mais aussi mourir avant, en fonction de leur acte et de leur comportement. Comme cette capacité est unique pour les félins et que les félins ne sont pas réputés pour être de grand bavard, aucune preuve tangible n’affirme ou n’infirme ces données. La seule chose totalement sûre est que les félins peuvent bel et bien ressusciter et ainsi jouir de plusieurs existences dans un même corps.

Par sieur Daraiden, Maître du Savoir de Mass’Hillia

Chapitre X - Thoron'Khor

17/12/2015 13:50 par Lylhou

Arachis remonte la rue principale.

- Je vais allez voir une connaissance qui doit en savoir long sur les dernières rumeurs du coin. Y compris sur ces araignées-sabres dont les Trois Chasseurs nous ont parlé, me dit-elle nonchalamment.

- Tu t’intéresses au sort de tes consœurs ? demandè-je alors, étonné, les moustaches frémissantes.

- Non, Matou, pas le moins du monde. Mais les chasseurs ont dit que la Reine leur avait échappé. Alors, je ne serais pas étonné qu’elle soit encore à l’œuvre ici. Les Trois Chasseurs nous ont dit qu’elles avaient les yeux rouges, pourtant, les araignées-sabres ne sont pas des ténébreux par nature. Elles ont donc était corrompus il y a peu, et c’est cela qui m’intéresse.

J’approuve d’un signe de tête sans rien dire.

Arachis traverse une grande partie de la cité, puis monte à un arbre dont le tronc doit faire facilement plus de cinquante mètres de circonférence. C’est l’arbre de l’hôtel de ville. Une volée de marches en pierre conduit à de grandes portes qui mènent aux entrailles de ce quartier de notable, creusé à même les racines et le tronc de l’arbre. Dans la partie supérieure, se trouve les habitations des notables et dans les racines, les lieux publics comme la Chambre du Conseil ou le Temple dédié à Neith. On raconte que ses racines sont si grandes, qu’elle pénétrerait même dans l’Outre-Monde.

Arachis n’emprunte cependant pas les escaliers, bien entendu. Ce qui l’intéresse, c’est le balcon, au sommet de l’arbre, trônant à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol.

Naturellement, en tant qu’araignée géante, elle ne se fait pas prier pour monter le long du tronc, et je dois m’agripper de toutes mes griffes dans ses poils rêches et bruns pour ne pas tomber. Normalement, on accède au balcon par un escalier en colimaçon qui fait le tour du tronc, mais ce dernier est interdit aux humains. Seuls les aînés ont droit d’aller voir le Seigneur des Cieux.

Nous arrivons finalement au sommet en quelques minutes seulement. Nous sommes face à une immense plate-forme faite de pierre et de bois, sculpté et ouvragé par des mains expertes. Une rambarde de bois en fait le tour et une pergola immense, où du lierre, des hortensias et du pothos se partagent les poutres de bois foncé, flanque notre gauche.

- C’est l’aire de Thoron’Khor, le Grand Aigle, me dit machinalement Arachis en montant dessus.

- Oui, je sais, merci, répliquè-je en fronçant les sourcils. Ne me prend pas pour plus demeuré que je ne le suis…

Une voix perçante résonne alors et nous accueille :

- Arachis, quel plaisir de te voir.

Un grand aigle, de deux mètres de haut, s’incline profondément en écartant ses ailes à la manière d’une révérence.

- Splin’ter, c’est également un plaisir de te revoir après toutes ses années, reprend-il ensuite, une fois qu’il m’a vu.

L’aigle majestueux trône sur un perchoir de bois finement travaillée au centre de l’aire. Tout autour de nous, nous découvrons la Forêt Noire à nos pieds. La demeure de l’aigle est posée sur l’arbre le plus haut de Lass’Arbora, et de toute la région alentour. Elle offre une vue imprenable sur La Sapine, et ce, sur des kilomètres à la ronde. À cette hauteur, la cime des conifères sombres, ondulant au gré du vent, semble être une vaste mer d’épine aux couleurs verdoyantes, réfléchissant la soleil de mille et une nuances d’airain et d’or. C’est un spectacle admirable et sublime que même la tarenkas prit plaisir, l’espace d’un instant, à regarder.

- Que me vaut l’honneur de votre visite ? demande l’aigle.

Regard perçant à l’iris aussi pur qu’un saphir et à la pupille fendue, plumage brun et blanc, serres puissantes et bec crochu qui semble capables de déchiqueter un homme en deux, Thoron’Khor transpire la majesté.

- Des informations, Seigneur, réponds Arachis d’une voix suave. Juste des informations et mes amitiés.

Arachis lui raconte alors, rapidement, notre rencontre avec les Trois Chasseurs et les informations qu’ils nous ont donnés.

Alors qu’elle termine son histoire, je remarque, non sans relevé un sourcil, que notre amie araignée n’a pas étayé son monologue de ses expressions si exotiques… Il est d’ailleurs extrêmement rare qu’elle ne souligne pas ses dires par ces formules barbares dont elle a le secret (et dont je serai curieux de savoir d’où elle les tient). Aussi, j’en déduis qu’elle doit porter en grand respect le Seigneur des Cieux.

Une fois qu’elle eut finit, un silence s’installe et nos regards se posent sur la Mère Soleil qui disparait lentement à l’horizon.

- Shalan’Dra… répond l’aigle. C’est le nom de la Reine des araignées-sabres dont vous m’avait parlé. Son cœur corrompu est empli de haine. Elle s’est longtemps tenue au nord d’ici, à la limite de Blanche-Épines, à l’abri des arbres, mais il semblerait qu’elle ait changée d’attitude ses derniers mois…

- C’est pour cela qu’elle a fait descendre sa colonie ici ? lui-demande la tarenkas.

- Sans doute. Les chasseurs d’Aurore Éternelle ont détruit ses derniers enfants, mais elle n’en restera pas là. Elle a perdu sa colonie, mais elle en fera une nouvelle, ce n’est qu’une question de temps. Vous qui allez traverser La Sapine, attention à vous. Shalan’Dra est puissante et ancienne. Bien plus que toi, Arachis.

L’araignée hausse les épaules. Du coin de l’œil, je relève l’attitude désinvolte de la tarenkas.

- Aussi Reine soit-elle, Shalan’Dra n’en reste pas moins qu’une araignée-sabre.

- Non, Arachis. Shalan’Dra est bien plus qu’une simple araignée-sabre. Elle est aussi vieille que la Guerre des Esprits et sans doute aussi puissante que tous les aînés de cette ville réunie.

- Permettez-moi d’en douter, Seigneur des Cieux.

L’aigle pose son regard pénétrant sur l’araignée qui ne baisse pas les yeux brillants. Pendant quelques secondes, les deux aînés se jugent et c’est finalement le grand aigle qui décroche son regard le premier. Ses yeux perçants vont alors balayer la canopée de la Forêt Noire, alors qu’il reprend d’une voix impérieuse :

- Que les Esprits Primordiaux veillent sur toi, Arachis. Mais fais attention. Un jour, ta témérité et ton inconscience te couteront la vie.

- Merci, Seigneur des Cieux. Mais ma témérité ne me coutera pas la vie, rassurez-vous. Je sais m’arrêter lorsqu’il le faut, lui répond-elle avec un large sourire vorace.

Thoron’Khor plisse les yeux et repose ses prunelles fendues sur elle.

Arachis est vraiment un spécimen de tarenkas intéressant. Elle ne semble avoir peur de rien, tenant carrément tête à l’aîné le plus puissant de la région. Finalement, elle ne semble pas plus avoir de respect pour lui que pour moi…

L’aigle secoue finalement la tête, comme désespéré de ne pas parvenir à la raisonner.

- Voilà, reprend-il alors après un court silence. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. Mon fils, Gwa’Ral, est en train de surveiller la région pour remettre la main dessus, mais elle reste introuvable, même à nos regards perçants.

- Dommage que les chasseurs d’Aurore n’aient pas pu la tuer, feulé-je en haussant les épaules.

L’aigle sourit.

- Quelque chance, au contraire, que vos chasseurs ne l’ai pas trouvé, me répond-il. Elle n’en aurait fait qu’une bouchée. Ils n’auraient eu aucune chance. Comme je vous l’ai dit, Shalan’Dra est loin d’être à prendre à la légère…

Arachis hoche la tête.

- Quoiqu’il en soit, on ouvrira l’œil en traversant La Sapine, conclut-elle. Merci pour vos précieux renseignements, Seigneur des Cieux. Nous allons prendre congé et rejoindre nos compagnons pour le repas.

Thoron’Khor nous salue d’une révérence aviaire.

- Mon bonjour à votre sœur, et que Quetzal guide vos pas.

Nous quittons le balcon et entamons la redescente. Je me suis à nouveau percher sur les épaules de ma camarade araignée qui semble maintenant habituer à me transporter. Je la soupçonne même d’y prendre gout.

- Thoron’Khor semble surestimer Shalan’Dra, non ? commençè-je.

- Yep. Il est rare qu’il ne surestime un adversaire, même si le fait qu’il me sous-estime personnellement a le don de sérieusement m’énerver. Il se fait peut-être vieux, les araignée-sabre ne sont que des casse-croutes pour une tarenkas…

- Il me semble quand même que vous êtes tenu de ne pas dévoré vos consœur, non ?

L’araignée rit.

- Oui, bien sûr, je parle naturellement des araignées-sabre des ombres. Mais à taille égale, une araignée-sabre, ténébreuse ou pas, ne m’arrive même pas à la cheville.

- En même temps au vu de ton égo, elles sont sacrément grande tes chevilles…

- Tu n’imagines même pas à quel point, me ricane-t-elle avec son sourire démoniaque. Et toi, Matou Je-Sais-Tout, que penses-tu de l’attitude de notre cher Seigneur des Cieux ? Vieux ? Sage ? ou Couard ?

- J’en sais rien, je ne suis pas devin tu sais. Mais je pencherai quand même plutôt du côté de la sagesse. Thoron’Khor est puissant. S’il dit de se méfier de la Reine, nous ne devrions pas prendre ses conseils à la légère…

- Tu m’en diras tant, grogne l’araignée avec un sourire en coin.

- Je ne suis pas devin, mais j’ai appris à percevoir certaines choses. 

- Tu m’en diras tant…

- Je sais, par exemple, que tu tiens beaucoup à Lylhou. Deviner cela est en soi pas compliqué. Tu entretiens une sorte de lien passionnel avec elle, un lien bien au-delà de ce que pourrai l’être l’Empathie. Et tout dans ton attitude reflète la profondeur de ce lien.

- Ah bon ? me réplique-t-elle mollement.

- Ne te rend pas plus cruche que tu ne l’es, Arachis. Bien que je n’arrive pas encore à comprendre la raison du lien qui vous unis, je sais que tu ne devrais pas l’avoir, et que pour le cacher tu te mures derrière ton langage exotique et barbare. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’avec moi, ou avec Thoron’Khor, tu n’utilises pas ce langage que tu te fais pourtant une joie d’insérer dans chacune de tes phrases…

Elle fait la moue, et je reprends :

- Je pense donc, que pour protéger la nature spécial du lien qui t’uni à ta sœur, tu te forces à adopter devant elle une attitude autre que ce que tu es vraiment. En fait, tu ne veux pas lui dire qui tu es…

L’araignée plisse les yeux.

- Et il semblerait que cela commence à te peser, soufflè-je. N’ai-je pas raison ?

- Arrête-toi là, avant que je t’ôte une de tes vies, Rouge Dix-trois… Je n’ais que faire de ta psychologie de félin.

Je souris. Je marque un point…

- Même si je n’ai aucune chance contre toi, terminè-je. Je ne me laisserai pas tuer si facilement, tu sais. Mais je vais jouer le jeu et me taire, l’avenir est trop important pour nous perdre en chamaillerie.  

Alors que la nuit commence à tomber, Arachis devient aussi silencieuse qu’une tombe et elle ne m’adressera plus la parole jusqu’à ce que nous ayons retrouvé nos amis.

Encyclopédie des Savoirs Anciens : Les aigles

17/12/2015 13:43 par Lylhou

Les aigles sont des aves, les ainés engendrés par Quetzal, affilié à l’élément Air qui vivent dans les montagnes du Mitan Central, et plus précisément dans les Montagnes aux Dragons et dans les Haute-Brumes.

Les aigles mesurent entre 1,5 et 2 m de haut, pour les plus grands, pour une envergure comprise entre 4 et 5 mètres. Ils possèdent une vue exceptionnellement bonne, entre dix à dix-cinq fois supérieure à celle des humains, et ce sont des chasseurs remarquables qui chassent et mangent principalement des cerfs, des varans et animaux de taille similaire.

Les aigles sont réputés pour être des alliés fidèles à l’amour unique. Ils vivent en couple, protègent leur rejeton jusqu’à l’âge de dix ans, âge auquel l’aiglon partira de la couvée pour aller fonder son propre foyer ; et ils restent ensemble jusqu’à ce que la mort les sépare. Les aigles nichent généralement sur des pics ou de grands arbres dans des nids faits de branchages et de bois.

Leur noblesse de cœur et d’esprit font qu’aucun sombre aigle n’a jamais était aperçu. Ils sont d’ailleurs en guerre permanente avec les vampires, les chirops qui hantent La Sapine et l’Ouest, et ils les tuent à vue.

Par sieur Daraiden, Maître du Savoir de Mass’Hillia

Chapitre IX - Lass'Arbora

14/12/2015 15:08 par Lylhou

Éridan est émerveillé alors que nous passons les Grandes Portes du Négoce. Elles sont massives, grandes ouvertes, et surmontées d’une arche de bois recouverte de larges lianes fleuries. Elles donnent sur une grande place pavée et ornée d’une fontaine où plusieurs aventuriers sont en train de remplir leurs outres sous son jet d’eau claire. Contrairement au reste de La Sapine, les arbres de Lass’Arbora sont savamment taillés pour laisser passer les rayons de la soleil et il fait ici beaucoup moins sombre que le long du Chemin Vert. Nous sommes tous heureux de retrouver un rayon de soleil chaud sous lequel s’arrêter quelques secondes pour en sentir la chaleur sur nos visages.

Deux Gardes Verts nous saluent et s’approchent de nous.

- Bonjour, Lylhou. Nous vous attendions, commence le premier d’entre eux.

Regard froid et caché sous de profond sourcil noir, visage carré, stature massive, le goliath qui nous fait face n’a rien à envier à son frère de Mass’Kiria.

- Bonjour, Akhe’rases (prononcé Akérazèse), fils de Akhe’thar (et frère de Frek’thar, pour les dur de la feuille).

Je salue également la femme qui l’accompagne.

Cheveux auburn long tressé et coiffé d’une queue de cheval, regard perçant, épaule large et taille fine (pour une femme de la Terre), la Garde Vert me salue d’un chaleureux sourire. Elle tient dans la main les reines d’un magnifique (et très grand) cheval à la robe grise légèrement sali par un voyage récent.

- Je vois que vous travaillez toujours en fratrie, fais-je en riant. Je vous présente Éridan, fils de Lilian, et Okamy, fille d’Orimy, qui m’accompagne dans mon voyage avec ma sœur et Splin’ter.

- Xan’thane, fille de Xan’thal, se présente alors la sœur d’Akhe’rases. Je vous en prie, suivez nous.

Je vois vos yeux interrogateurs se plisser. Il faut savoir que chez nous, les hommes se présentent toujours en tant que « fils de » leur père, et les femmes en tant que « fille de » leur mère, ce qui peut parfois prêter à confusion pour ceux qui ne connaissent pas les relations familiales des individus rencontrés. Alors, là aussi, vous devez vous demandez pourquoi je me présente comme «  fille de Vindikaëll », non ? Eh bien, tout simplement parce que je ne connais pas mes mères. Logique, non ?

Les deux Gardes Verts nous escortent à travers la grand Place du Marché.

Elle est bondée, comme à son habitude. Les marchands hèlent les passant et ventent les mérite de leur produits ; les aubergistes nettoient leurs terrasses ; et les marteaux des forgerons résonnent. Des dizaines d’aventuriers, certains accompagnés d’aînés, se pressent dans les boutiques, réservent des places pour les caravanes du lendemain ou louent leur service de garde du corps pour ces même caravanes. D’autres se contentent de prendre un verre bien mérité au bar ou lorgnent les fesses des serveuses mignonettes.

Le changement d’atmosphère est impressionnant, même pour moi qui y suis habitué. Dehors, à une centaine de mètre seulement, règne l’atmosphère lourde et pesante de la Forêt Noire, alors qu’ici, l’air respire de fraicheur, de senteur fleurit et de bon repas mijotant. Je perçois furtivement le sourire enjôleur de ma compagne séraphin et Eridan semble lui-aussi avoir retrouvé de sa vigueur. Devinant sans doute mon regard sur lui, il pose sur moi ses yeux ocre en me souriant.

Sentant mes joues s’empourprer immédiatement, je détourne le regard et me rapproche des Gardes Verts qui nous ouvrent la voie dans la foule.

Arrivée devant la salle de garde, à flanc d’un tronc immense, large de plusieurs dizaine de mètres, l’homme de la Terre ouvre la porte et nous invite à entrer tandis que Xan’thane chuchote quelques mots à l’oreille de son cheval.

Son cheval est un Boulonnais, un cheval lourd, normalement utilisé comme cheval de trait, mais employé comme destrier par les goliaths, dont la carrure leur interdit les chevaux du Namid (utilisé par les Bédouins du Sud) ou les Baroques (utilisé par les chevaliers de Mass’Hillia). Le Boulonais, originaire du Guiers, est un cheval à la tête petite et courte mais élégante et a l’encolure large. Il possède une crinière double, touffue mais courte, et ses membres sont forts, bien qu’ils paraissent courts en rapport avec sa masse élevée. Sa robe est généralement alezane, grise ou noire.

L’animal hennis et se dirige à pas rapide vers une écurie à quelques pas d’ici. En remarquant la complicité dans les prunelles de la Garde Vert qui regarde son Boulonnais s’éloigner, je souris en pénétrant dans la salle de garde.

C’est une vaste pièce creusée à même le bois. Une table ronde, sobre, est posée au centre, entourée de plusieurs tabourets. Diverses cartes ornent les murs, ainsi que des portraits. La pièce est illuminée par de petites coupelles dont les flammes vacillent à notre entré. Une agréable odeur de pin envahit mes narines.

- Quelle sont les nouvelles alors ? reprend Akhe’rases en s’asseyant et en nous faisant signe d’en faire autant.

Alors que je m’assois en posant ma besace sur la table, je m’aperçois que ma sœur et Splin’ter ne nous ont pas suivi. Je hausse les épaules et réponds alors :

- Nous avons fait bonne route. Mais je suis contente d’être arrivé, et je pense ne pas être la seule dans ce cas.

Eridan et Okamy acquiesce de la tête.

- Oui, la traversée de la Forêt Noire a été éprouvante. Je l’avais déjà traversé il y a quelques années, mais je ne me souvenais pas que cela été si oppressant, explique la mage de l’Eau.

- Plus les années passent et plus le poids de la forêt s’accentue. C’est à croire que les sombres bêtes qui la hantent croissent chaque jour pour en grignoter toutes les onces de lumières, réponds Xan’thane d’un air sombre. Nous nous aventurons de moins en moins en son cœur. Les sentiers des rôdeurs sont les seuls encore usité ces derniers temps, et les chasseurs disparaissent lorsqu’ils osent en sortir. Un terrible mal ronge la région…

- Oui, continue son frère. Nous faisons de plus en plus appel à des guildes d’aventuriers pour en chasser les ténébreux qui sont, eux, de plus en plus envahissant. Je suis en poste ici depuis un peu plus de dix ans maintenant, et je n’ai jamais adressé autant de requête que ses dernières saisons. Quelques semaines encore auparavant, nous avons fait appel aux Aurores…

- Les Trois Chasseurs ? le coupè-je. Nous les avons rencontrés ce matin.

- Ils vous ont dit que la reine des araignée-sabre s’étaient échappée ?

- Oui. Ils l’ont traqué jusque dans la Vallée du Guiers, mais sans résultat.

Le goliath tape du poing sur la table. Un gobelet de terre cuite qui s’y trouvait roule au sol et se brise.

- Elle reviendra, j’en suis sûr ! Ces saloperies ne perdent rien pour attendre, bougonne-t-il, en ramassant les débris du verre avec ses mains massives.

- Sans doute, conclus-je. Mais pour aujourd’hui, nos préoccupations sont tout autre. Nous repartons demain, au petit matin, aussi j’aimerai abréger cet entretien, sans vouloir vous vexer, mes amis, pour aller nous ravitailler et nous reposer.

- Nous vous avons déjà réservé une auberge pour la nuit, sur la Place du Marché. Les aigles nous ont prévenus de votre arrivée dès ce matin. Tout est prêt.

- Bien, merci de votre aide.

Encyclopédie des Savoirs Anciens : Lass'Arbora, la Ville aux Arbres

14/12/2015 14:41 par Lylhou

Lass’Arbora est une petite ville de deux mille âmes environ, plantée sur le Chemin Vert, qui relie Mass’Kiria du Mitan Central, à Mass’Suna dans le Grand Sud. Plaque tournante du commerce entre ces deux régions, la ville est bâtie à même les arbres.

Entourée d’une palissade de bois haute de vingt mètres et gardée par de redoutables archers, Lass’Arbora est construite au cœur de La Sapine. De par la nature des bois anciens qui l’entoure, il est peu recommandé de s’aventurer hors des chemins qui bordent la ville à moins de connaitre parfaitement la région. La Ville aux Arbres est organisée en quatre quartiers.

Le quartier marchand au sud, qui donne sur les Grandes Portes du Négoce, qui s’ouvrent sur le Chemin Vert en direction de Mass’Kiria, et sur les Grandes Portes des Sables, qui s’ouvrent, elles, sur le Chemin Jaune en direction de Mass’Suna. Le quartier marchand est le plus grand des quartiers et il abrite toutes les auberges, bars et échoppes de la ville.

Le quartier résidentiel, au nord, accueille les demeures des habitants de la ville ainsi que de petits champs de céréales et de seigles. Il est composé de plusieurs étages d’habitation, reliés les unes aux autres par un enchevêtrement de ponts de liane, de cordes ou de passerelles en bois. La complexité du quartier est telle qu’un étranger ne peut s’y retrouver sans aide. La plupart des habitants de Lass’Arbora sont des phénix et des goliaths, mais une très importante communauté d'aînés de toute espèce y vie également, sous l’œil vigilant de Thoron’Khor, le Seigneur des Cieux, un aigle majestueux qui, dit-on, est aussi fort qu’il est sage et bienveillant.

Le quartier des chasseurs, situé à l’ouest de la ville, regroupe les tanneries, les forges et les deux guildes qui se partagent la lourde tâche d’approvisionner en nourriture la ville : les Gardes Verts et les Chasseurs Noirs.

Enfin, le dernier quartier, le plus petit, mais non des moindres, est appelé le quartier de l’hôtel de ville. Il est situé dans les entrailles du plus gros arbre de Lass’Arbora, en son centre. L’hôtel de ville prend la forme d’un réseau de tunnels et de galeries sculptés dans le bois et racines de l’arbre. Il descend jusqu'à un lac souterrain qui alimente la cité en eau potable. Il abrite également les résidences des notables et des gens aisés de la ville ainsi que la salle du conseil, les temples des Esprits Primordiaux et la mairie. Sur son sommet réside le Seigneur des Cieux lui-même.

Lass’Arbora est une ville magnifique, en osmose avec la nature, et qui jouit d’une place de choix dans le réseau commercial des Princes Marchands influant de Mass’Suna et de Mass’Kiria. Une ville où, je pense, qu’un jour, j’irai passer ma retraite.

Par sieur Daraiden, Maître du Savoir de Mass’Hillia

Chapitre VIII - La Sapine II

14/12/2015 14:38 par Lylhou

- Arachis, Splin’ter, commence Garha. Vous voyagez avec de drôle de compagnon aujourd’hui.

Il désigne Okamy du museau.

- En effet…, rétorquè-je, assisse sur mes huit pattes velues. Il semblerait que cette fois ci les Princes aient décidé de confier notre mission aux Aurores et aux Poussières…

Le canin plisse les yeux.

- Voilà qui n’est pas commun…

- J’te le fais pas dire.

- Et lui, je ne l’ai encore jamais vu, je me trompe ? continue-t-il en montrant cette fois ci le guerrier.

- Non, en effet. Il n’est arrivé que récemment dans la guilde, répond Splin’ter. Mais c’est un valeureux combattant.

- Valeureux, valeureux, on doit pas avoir la même conception de la valeur, ricanè-je.

Le loup sourit d’une babine.

- Vous voilà donc embarquer avec un bleu et une étrangère ? J’espère pour vous que vous n’allez pas trop loin dans l’Ouest alors… Sinon, je ne donnerai pas chère de votre peau.

- Je ne me fais pas de soucis pour ma peau, en tout cas, raillè-je d’un sourire carnassier. Ni pour le matou, je veille sur lui.

- Il est très rare de voir notre amie tarenkas apprécier une autre personne qu’elle-même, ironise alors Nok’Tanal, la panthère, les badigoinces souriantes.

- Hé ! J’te permets pas, boule de poil ! Splin’ter est peut être petit, mais il est gentil ! C’est normal que j’endosse le rôle de la maman !

Splin’ter plisse les yeux.

- Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre…

Je ris à gorge déployée tellement fort que ma sœur pose ses yeux mauves sur moi et me souris. Je lui réponds en hochant la tête, avec, moi aussi, un sourire au coin des lèvres.

Quelques minutes plus tard, alors que les férals des Trois chasseurs semblent s’impatienter, j’aperçois Lylhou se lever et annoncer que nous allions repartir. Même si l’après midi ne débute qu’à peine, ma sœur voulait arriver tôt à la Ville aux Arbres pour avoir le temps de souffler un peu. Les derniers jours de voyages dans la Forêt Noire ont été éprouvants pour elle. Sans doute beaucoup plus qu’elle ne l’aurai imaginé.

Elle se faisait du souci pour nos compagnons de voyage. Autant, Splin’ter, malgré la mésestime que je paraissais lui porter, n’aurai aucune difficulté à survivre dans La Sapine. Autant la mage au corps si parfait et la belle-gueule de guerrier, eux, je n’en aurais pas mis ma tête à couper (enfin, mon céphalothorax, mais vous me pardonnerez ma simplicité de langage). Je sais que Lylhou pensais exactement la même chose. Je sentais même, quoiqu’elle ne me l’ait pas dit ouvertement, qu’elle s’inquiétait pour la suite du voyage. Après Lass’Arbora, nous allions traverser la Forêt Noire par des sentiers de chasseur et de rôdeur très peu utilisés, voire parfois abandonnés depuis des décennies. Nos compagnons allaient-ils supporter la pression de ne voir la Mère Soleil que par le biais de mince rayon de lumière ? de manger et de dormir sans feu ? d’avoir froid ? et surtout, de ne jamais se sentir en sécurité ?

Le temps nous le dira. Un jour ou l’autre, le temps nous le dira. Mais quoiqu’il en soit, je sais que si cela tourne mal, ma sœur et moi serions parfaitement capables de mener à bien cette mission seule. Les deux baltringues d’humains qui nous accompagnent ne sont que des pions supplémentaires à notre disposition sur l’échiquier de notre destin.

 

Nous nous séparons donc des Trois Chasseurs et de leurs ainés qui nous souhaitent une bonne chasse et nous reprenons notre route.

- Ces Aurores ont l’air d’être de bons amis à vous, commence Éridan en arrivant à mon niveau.

J’arque un sourcil. Qu’est-ce qu’il vient gratter l’amitié lui ? Qu’il aille lécher les bottes de ma sœur plutôt, ça vaudra mieux pour lui.

C’est alors que je vois que Lylhou est déjà loin devant…

Elle qui fuit devant personne… Je pouffe de rire avant de répondre au guerrier qui semble terriblement mal à l’aise devant moi :

- Oui, ils le sont. Naï’th est un des membres fondateurs d’Aurore Éternelle, un grand ami de Vindi. Lilia, qui maitrise parfaitement la magie de l’Air, est la femme d’Aton, le tuteur de Lylhou. C’est lui qui a supervisé tout son entrainement de rôdeur. C’est un excellent chasseur, qui a été entrainé par le Grand Traqueur Zhed en personne.

Le guerrier m’écoute, comme fasciné.

- Oui, j’ai ouïe dire que le Grand Traqueur a fait partie de votre guilde !

- Il ne l’a jamais quitté, répliquè-je en haussant les épaules. Il est juste parti traquer les dragons du Grand Désert. Il n’est juste pas encore revenu, c’tout.

- Mais on raconte qu’il a disparu il y a plus de vingt ans.

- Yep.

- On peut peut-être le considérer comme mort alors, non ?

- Nop. Je ne pense pas. Il n’a juste pas finit sa traque. Zhed a gagné son titre en accomplissant toute les traques et les chasse dans lesquels il s’est lancé. Comme il est trop fier pour rentrer sur un échec, il doit sans doute continuer sa tâche, quelques parts dans les dunes de sables chaud du Grand Sud.

- Il était accompagné d’un aîné lui aussi ?

- Nop, Zhed est un loup solitaire. Tous les rôdeurs ne sont pas forcément accompagnés d’aîné, tu sais.

- Tous ceux que j’ai rencontrés l’étaient en tout cas.

- Et combien de rôdeur à tu déjà rencontrer, Gamin ?

- Je suis peut-être plus jeune que vous, Dame Tarenkas, mais je ne suis pas non plus le gamin que vous semblez sous-entendre. J’ai été Capitaine de Centurie !

- Été, comme tu le dis si bien. Aujourd’hui tu n’es qu’un guerrier sans titre et anonyme qui tente de laver son honneur déchu.

Le sourire vorace que je lui affiche le décompose.

- Et oui, mon petit. Je sais bien plus de chose que je ne veux bien le montrer, Capitaine de Centurie.

L’ironie dégoulinante dans ma voix fini de l’achever. Un voile noir lui obscurci la vue. Je sens son Feu bouillir en lui. De Rage ? de regrets ? Je ne sais pas, mais cela me fait bien rire. Bon, je ne lui fais tout de même pas l’affront de lui dire qu’il n’est qu’un pion, je tiens à ce qu’il reste encore un peu parmi nous. Et puis, s’il s’en va, je n’aurai plus l’occasion de me moquer de ma sœur et de ses amourettes de jeune fille.

Ah ah, par Tain ! Quelle mission palpitante !

- Bon, s’taup chouiner, Gamin.

Il relève la tête.

- Je ne chouine pas, comme vous dite.

- Ouais ouais, et moi je suis la fille de la Tisseuse d’Âme.

J’accélère le pas. Ma cruauté naturelle étant combler pour aujourd’hui, inutile d’en rajouter une énième couche.

- J’ai une question encore, Dame Tarenkas.

Je plisse les yeux. Pffff… Je suis parfois cruel, mais je suis aussi trop gentille…

- Quoi donc, Gamin ?

- Pardonnez mon indiscrétion, mais je me demandai juste comment une créature si atypique comme vous se retrouve sœur d’une rôdeuse ondine?

- Si par atypique, tu sous-entends bada’ss, je te pardonne ton expression déplacée, sinon, je vais te mettre sur la liste des personnes que je dois bouffer à la fin de cette mission de pacotille.

- Loin de moi l’idée de vous offensez.

- Oui, comme loin de toi l’idée de déstabiliser ma sœur aux thermes.

Il arque un sourcil.

- Oui, ça aussi je sais. Mais inutile d’en causer aujourd’hui. Pour répondre à ta question, j’ai été choisie par l’Empathie pour me rapprocher des humains. J’ai donc cherché un humain à qui me lier, et j’ai trouvé Lylhou.

- L’Empathie ? Je n’ai jamais entendu parler de ça…

- Tu as discuté avec beaucoup d’aîné, ô grand Capitaine de Centurie ? gloussè-je.

Il serre les dents.

- Non…

- L’Empathie est un lien que Ny’ar offre à ses petits-enfants pour les rapprocher des humains. Tu n’aies pas censé ignorer que les Esprits Primordiaux sont les fils de Ny’ar et que par extension, les ainés, qui ont été engendré par ces derniers, sont donc les petit fils de leur créateur, n’est-ce pas ?

- Je ne suis pas tellement versé dans l’art des Esprits et des Temples…

- Je vois. Et hormis obéir aveuglément à ton chef de guilde, tu as fait quelques chose de ta vie ?

Il fait la moue.

- Ah, ces jeunes… C’est le problème de vous, les humains. Vous êtes tellement jeune. Vous en oubliez les fondements même de la vie sur notre terre. Faut pas vous étonner après que la vie soit dure avec vous… Mais bon, passons. L’Empathie est le lien qui unie les aînés aux humains. En fait, sans se lien, les aînés vous aurez sans doute déjà dévoré depuis des lustres. Mais Ny’ar tiens à ce que ses enfants, aîné et humain, vivent en harmonie. Il appelle donc certain d’entre eux à se lier à vous de manière à renforcer nos liens. Lorsque cela arrive, nous appelons cela l’Éveil, nous recevons une vision dans nos rêves qui nous indique que nous avons était choisie. Nous devons alors partir à la recherche d’un humain qui nous correspond de manière à nouer un pacte avec lui. J’ai noué ce pacte avec Lylhou alors qu’elle était mourante et âgé de quelques mois à peine. J’ai immédiatement su que c’était elle. Comment ? Je sais pas, c’est comme ça. C’est un peu comme si on tombait amoureux, cela ne s’explique pas.

Bon, techniquement, mon pacte avec Lylhou ne s’est pas passé totalement ainsi, mais pour le guerrier, cela suffira comme explication…

- Et vous vous liez qu’avec des rôdeurs ?

- Bien sûr que non. Vindikaëll est lié à Splin’ter et il n’est pas rôdeur. Cependant, comme les rôdeurs, ainsi que les druides, ont un lien affectif avec Ny’ar et ses créatures très fort, quasi surnaturelle même, aussi il n’est pas surprenant qu’ils soient très souvent choisie par les aîné ayant reçu l’Empathie.

Il hoche la tête et un silence de quelques secondes s’installe avant que je ne reprenne :

- Bien, maintenant, excuse-moi, mais j’en ai assez de causer. Je suis pas barde ou ménestrel, hein…

Je bondis en avant et dépasse ma sœur en deux ou trois bonds.

 

Vers le milieu de l’après-midi, nous apercevons enfin les remparts de Lass’Arbora au détour d’un virage. Et c’est ainsi, qu’après dix jours de marches, nous arrivons à la fin de la première étape de notre long voyage.

Chapitre VII - Les Trois Chasseurs

11/12/2015 15:09 par Lylhou

- Elles ont l’air nombreuses quand même, marmonnè-je en fronçant mes lourds sourcils broussailleux de goliath.

Aton acquiesce sans mot, d’un signe de la tête. Ce dernier lance ensuite un rapide coup d’œil à son compagnon loup-tonnerre qui, d’un simple regard, lui fait signe qu’il est prêt.

- Bien, de toute façon, on n’est pas là pour vendre du muguet, alors allons-y. Les araignées-sabres ne sont pas les pires créatures que l’on peut trouver par ici. Et celles-ci semblent bien jeunes.

- Tu as raison, Naï’th, acquiesce ma camarade phénix. Cela va être une promenade de santé.

Aussitôt après, comme un seul homme, et dans un léger bruissement, nous nous déployons et encerclons la colonie d’araignée. Nous veillons à bien faire attention aux fils d’alerte que les aranéides ont tissé tout autour, et nous prenons rapidement position. Une fois en place, nos trois férals progressent à leur tour, à pas de loup.

Arrivés à une dizaine de mètres du centre du nid, composé de plusieurs grands cocons de soie qui doivent accueillir vivre et œufs, les férals s’arrêtent et attendent notre signal.

Les premières flèches fusent, sans bruit. Les araignées les plus écartées et à l’extérieur du dispositif meurent sans bruit. Une demi-dizaine sont déjà tombée.

Une fois les guetteurs et les sentinelles anéantis, les trois férals entrent dans la danse. Les deux loups-tonnerre hurlent et sautent sur les araignées-sabre devant eux, des éclairs jaillissant de leurs gueules. Foudroyés, les arachnides tombent dans des crissements électriques.

Nok’Tanal bondit sur un adversaire : ses griffes lacèrent la chitine aranéide sans difficulté et ses crocs trouvent la chair et le sang.

Garha et Astail sont les loups-tonnerres de mes compagnons, des canins lié à l’élément Air qui maitrisent la puissance de la foudre. Ils ont le pelage gris et scintillant, parcouru de petits arcs électriques, avec des yeux bleus pénétrants. Nok’Tanal, quant à lui, est une panthère de Blanche-Épines, au pelage blanc tacheté de noir, à l’allure impérieuse. Il a un regard de prédateur vif et profond.

En quelques secondes seulement, le silence retombe sous la sombre canopée.

Nous nous rassemblons autour de nos ainés. Je plisse les yeux.

- Je me demande où sont les filles de la colonie… Nous n’avons eu à faire qu’à des premières-nées là…

Lilia se passe la main dans ses longs cheveux roux, l’air perplexe.

- Oui, à croire qu’elles savaient qu’on venait. Mais les araignées-sabre ne sont pas de nature à abandonner leur nid…

- En effet, siffle alors une voix au-dessus de nous, profonde et puissante.

Aussitôt, nous nous dispersons, arcs bandés, et nos flèches se mettent à voler vers les branches. Les férals se tassent, les oreilles en arrière, aux aguets.

- Vous avez tué ma dernière couvée, mais elles étaient faibles, elles ne me servaient à rien. Affrontez maintenant mes filles… et mourrez !

Une ombre bondit au-dessus de nos têtes, aussi grande que terrifiante, sautant de branche en branche aussi rapidement qu’un éclair.

- La reine ! crie Aton. Il ne faut pas la laisser s’échapper !

Le phénix ne peut cependant pas faire un pas pour s’élancer à sa poursuite. Trois araignées, beaucoup plus massives que les précédentes, aux yeux rougeoyant, viennent de se jeter sur lui. La première d’entre elles n’atteint cependant pas le sol vivante, une flèche venant la faucher en plein vol. D’un mouvement souple, le regard droit, Aton lâche son arc et prend en main deux longues dagues. Il pare les chélicères de la seconde araignée qui atterrit devant lui, et il esquive la troisième. Il tournoi sur lui-même et incante :

- Magie élémentaire du Feu : Lame flamboyante.

Les deux lames de ses armes s’enflamment et Aton tranche la gorge de la plus téméraire avant de s’élancer sur sa congénère. Cette dernière pare le premier coup, tente de contre-attaquer, mais le chasseur est plus rusé qu’il n’y parait. Alors qu’il bloque les deux pédipalpes en forme de sabres de son adversaire, il les écarte d’un coup sec. Le temps que l’araignée ne se remette en garde, une dague de feu se plante dans sa mâchoire.

Il sourit et se retourne vers moi.

J’ai eut le temps d’encocher une nouvelle flèche lorsque je vis les quatre araignées tomber des branches au-dessus de ma tête. L’une d’elles se retrouve clouée au tronc de l’arbre alors que ses sœurs plongent sur moi. Malgré leur taille et leur poids, les hommes de la Terre, comme moi, se déplace avec aisance. J’esquive et incante :

- Magie élémentaire de la Terre : Poing de Pierre.

Je frappe l’araignée la plus proche d’un puissant coup droit. La force de l’impact l’écrase au sol dans un craquement sinistre. Nok’Tanal, mon compagnon, arrive ensuite et plonge sur la seconde araignée, et la lacèrent avec ses griffes. Je lui souris et nous nous élançons vers la dernière. Le regard rougeoyant de l’araignée transpire la peur l’espace d’un instant, mais l’arachnide se ressaisie et s’élance elle aussi. Malgré sa détermination sans faille envers sa sombre reine, l’araignée ne rencontre ce jour que la mort. Rapide, mais douloureuse. Le félin bondit et laboure son abdomen tandis que je lui attrape ses pédipalpes avec mes mains massives, recouvertes d’une gangue de pierre. Je les lui arrache ensuite dans un hurlement inhumain.

Fronçant les sourcils, je cherche du regard mes camarades.

Gara et Astail sont dos à dos, les poils hérissés et scintillants de grands arcs électriques. Leurs yeux brillent d’un bleu crépitant. Quatre araignées les encerclent.

- Prête ma sœur ?

- Toujours, mon frère.

Les deux loups-tonnerres se ruent, chacun de leur côté et rentrent dans la mêlée. Balayant la première aranéide, Gara lance sur la seconde un éclair qui la fauche en plein vol. Astail, quant à elle, de son côté, se jette sur ses adversaires. Percutant le premier de plein fouet, il termine sur le dos, les crocs du loup-tonnerre plantés entre son céphalothorax et son abdomen. La louve serre les dents et la coupe en deux dans un stridulement atroce. La seconde aranéide saute sur Astail et à l’instant où elle s’apprête à planter ses chélicères salivants dans son dos, un arc électrique, partant de la nuque du féral, la foudroie sur place.

Les deux loups sourient et hurlent, annonçant à mes compagnons et moi-même qu’ils avaient vaincus.

Lilia est concentré. À l’instant où elle a remarqué que le nid n’était occupé que par de jeunes araignées sans danger (enfin pour nous), elle s’était attendue à une embuscade. La sinistre voix de la reine n’avait fait que confirmer son intuition.

Elle balaye de son regard perçant les arbres, la sombre frondaison et les broussailles alentour.

- Arrête de rêvasser, chien d’humain !

Lilia sourit. Sans même se retourner, elle murmure une incantation.

- Magie Élémentaire de l’Air : Transfert.

Les deux araignées, qui avaient tenté de l’attaquer de dos, se jettent sur un nuage crépitant en lieu et place de la rôdeuse. Deux flèches viennent alors les clouer au sol. Au-dessus des cadavres, Lilia, posée sur une branche, savoure sa victoire.

Au centre du nid, le calme retombe aussi subitement que les araignées étaient venues.

- Finalement, même les filles de la couvée précédente sont faibles, commençè-je, légèrement déçue, en faisant craquer mes doigts.

- Hum… On aurait dû arriver un par un pour leur laisser une chance, sourit Aton en rengainant ses armes.

La femme phénix se téléporte à côté de nous.

- Plutôt que de fanfaronner, ne perdront pas de temps et poursuivons la reine, la trace est fraiche encore.

Puis, sans aucune hésitation, la rôdeuse s’élance.

Chapitre VI - La Sapine I

11/12/2015 15:08 par Lylhou

Au matin de notre sixième jour de voyage, le Chemin Vert pénètre enfin dans La Sapine.

Adieu les bouleaux, les hêtres et les platanes qui offraient une canopée rafraichissante ; bonjour les arbres de la Forêt Noire, qui montaient si haut dans le ciel que la soleil ne perçait leur frondaison qu’en de minces rayons de lumière.

La Sapine est une forêt inhospitalière, pour qui ne la connaissait pas. Les arbres, immenses, qui la composent sont aussi vieux que le monde, diton. Ils ont en plus très mauvais caractère et nombre d’entre eux n’acceptent pas les intrus. On raconte même que des chirops (les aînées chauves-souris descendant de Dra’Kin lui-même) habiteraient dans le creux des plus vieux et des plus cruel. Cependant, même si les bois sont peu accueillants, tant que nous restions sur la route, nous ne risquons rien. Enfin, normalement…

Nous sommes à notre huitième jour de marche. Les deux journées qui venaient de passer ont été beaucoup plus longues et beaucoup plus difficile que les six premières réunies. Elles sont monotones et mes compagnons parlent peu. Je sens le poids de la forêt sur leurs épaules, comme si de sombres ténèbres étaient déjà à l’œuvre et rongeaient petit à petit leur esprit et leur vigueur. Même si la chaussée est garnie de torches sur toutes sa longueur, leur lueur vacillante, qui semble se faire dévorer par la végétation dense et noire, ne brillent pas assez pour éclairer ne serais que l’autre côté de la route. Cette obscurité profonde et pesante trouble mes compagnons peu habitué à cet endroit. Malgré les repos réparateurs dans les aubergeresses, la fatigue les gagne petit à petit. L’air, sous la canopée épaisse et sombre des grands sapins, est étouffant. Les rares voyageurs que nous rencontrons sont dans le même état de lassitude et de mélancolie que nous. Ils marchent, le regard bas, espérant trouver au prochain virage, l’aubergeresse suivante. Les troncs grimaçants et tordus des arbres semblent nous épier en permanence. Des craquements sinistres résonnent dans les lisières touffues, des yeux brillants nous épient, le danger rôde. Nous ne sortons plus de la route, Arachis et moi, et nous nous contentons, le midi de manger nos provisions de snik, de saucisson et de pain de la veille.

Bien entendu, moi, je me sens bien, même si je suis très souvent perdu dans mes pensées. Je sais que les petits craquements et les yeux ne sont rien de plus que des rongeurs ou des insectes un peu plus gros que la moyenne, mais je me tait et laisse la forêt s’imposer dans l’esprit de mes compagnons. Il s’agissait du meilleur test possible. Après Lass’Arbora, nous allons carrément la traverser, et ils doivent être prêt… S’ils ne peuvent supporter cette pression, ils ne pourront supporter celle de la forêt hors de la route. Les voyages en son cœur sont bien plus déroutants et dangereux que ceux-là.

Malgré les jours qui défilent, Éridan ne me parle gère. Okamy semble toujours égale à elle-même, radieuse, mais tout de même un peu lasse. Arachis marche toujours avec Splin’ter et leur relation, ou leur amitié nouvelle, appelez cela comme vous le voulez, semble de plus en plus intime.

 

Alors que nous marchons sous les frondaisons hautes, semblable à un sombre tunnel dont on ne voyait jamais le bout, en fin de matinée de notre dixième et dernier jour de marche, nous croisons des membres d’Aurore Éternelle en mission.

- Lylhou ! hèle l’un d’eux en levant la main vers moi.

- Qui sont-ils ? me demande Éridan.

- Les Trois Chasseurs. Sans doute les rôdeurs les plus expérimentés de notre guilde : Aton, Naï’th et Lilia. Enfin, le Grand Traqueur serait encore là, il te dirait qu’ils ne lui arrivent pas à la cheville, mais bon.

Les trois rôdeurs, accompagnés par leurs aînés, s’arrêtent à notre niveau et nous saluent chaleureusement. Nous décidons de faire halte et de partager notre repas ensemble.

- Alors, quelles sont les nouvelles de Lass’Arbora ? demandè-je finalement à Aton, un phénix qui porte une armure de cuir semblable à la mienne.

Grand, visage élancé avec une barbe bien taillée, yeux bleus, torse large et puissant, le chasseur me répond :

- Pas grand-chose. On vient de terminer une mission de chasse et on rentre à la guilde. Une colonie d’araignées-sabres avait élu domicile dans la région.

Naï’th acquiesce de la tête. Goliath aux épaules larges, buste colossal, visage carré et grave, peau grise et marbrée de noir, c’est un individu impressionnant frisant les cent-huitante kilo.

- On a trouvé leurs nids un peu au nord de la ville, explique-t-il. On l’a nettoyé, mais leur reine avait déjà foutu le camp.

Le troisième chasseur, qui est en fait une chasseresse, hoche la tête.

Joli minois, petite et svelte, visage aux traits fins, petit nez, yeux et cheveux cuivrés, Lilia est une rôdeuse phénix pleine de charme.

- Oui, nous avons bien essayé de la pister, continue-t-elle. Mais la trace remontait loin au nord et après quatre jours, on l’a perdu en s’approchant de la Vallée du Guiers.

Alors que les Trois Chasseurs se mettent à nous raconter leur aventure, Arachis prend place, avec Splin’ter, à côté des férals installés un peu plus à l’écart. Les deux loups-tonnerres, Garha et sa sœur Astail, et la panthère Nok’Tanal les saluent.

 

Encyclopédie des Savoirs Anciens : La Magie Élémentaire - Chapitre 1 : Description générale

11/12/2015 15:08 par Lylhou

La magie élémentaire puise la source de sa puissance dans les fluides élémentaires. Elle est l'art de faire appel à ses fluides, composés des quatre éléments primordiaux : le Feu, la Terre, l'Eau et l'Air. Ces éléments sont l'essence même de l'existence. Tout objet, toute créature et même toute chose existante, des humains aux pierres, des oiseaux aux arbres, est composé d'au moins un de ces éléments.

Les humains et les aînés, qui sont physiquement liés à un élément en fonction de leur race ou de leur origine, maitrisent une forme de magie élémentaire rudimentaire en rapport avec cet élément. Ainsi, les phénix maitrisent de manière innée la puissance du Feu, les ondines l’Eau ; les goliaths la Terre ; et les séraphins l’Air. Chez les aînés, c’est identique, les grands aigles sont liés à l’Air, tout comme les loups-tonnerres, tandis que les chats sont liés au Feu et la plupart des araignées à la Terre.

Comme tous les humains peuvent maitriser la magie, la qualification de « mage » est donc la désignation d’un individu qui a poussé sa maitrise à l’extrême, ou qui a appris à utiliser un autre élément que celui lié à sa race. De par leur puissance, les mages sont généralement des personnes respectés et écoutés qui usent de leurs pouvoirs au profit de leur guilde, de leur village ou de leur tribu, même s’il arrive parfois qu’une personne n’utilise ses capacités que pour son compte personnel.

La Terre

Couleur : Marron ou Noir

Élément opposé : Air

L’élément Terre nourrit. Il correspond au minéral et au végétal. Les rituels de la Terre sont ainsi des sorts de protection, de création ou de transmutation de matière. C’est l’élément primordial des druides et de certains rôdeurs. Les qualités des créatures liées à la Terre sont la volonté, la détermination, l’endurance et le sang-froid. Leurs défauts sont l’entêtement, l’apathie ou l’insensibilité.

L’Air

Couleur : Blanc ou Gris

Élément opposé : Terre

L’élément Air est celui du souffle et des vents. Ses rituels sont du domaine de la vision, des sens, de la prémonition, des illusions, du mouvement, du tonnerre et des éclairs. La plupart des créatures volantes sont naturellement associées à cet élément. Leurs qualités sont l’intelligence, l’adaptation, la vélocité, l’imagination et la perception. Leurs défauts sont l’étourderie, la dispersion ou la frivolité.

Le Feu

Couleur : Jaune ou Rouge

Élément opposé : Eau

L’élément Feu est celui de la lumière et de la chaleur. Il correspond aux flammes purificatrices, régénératrices ou vengeresses. Les rituels de Feu sont des domaines de la destruction, du courage, de la passion, de la régénération ou du bannissement. Les qualités des créatures liées à cet élément sont la vaillance, le charisme, l’audace et le dynamisme. Leurs défauts sont la colère, l’impulsivité, l’avidité ou la soif de vengeance.

L’Eau

Couleur : Bleu ou Vert

Élément opposé : Feu

L’élément Eau est la source de la vie. Il désaltère et guérit les maux. Les rituels de l’Eau sont la guérison, le sommeil et la méditation. C’est l’élément majeur des guérisseurs, qu’ils soient mages ou simples médecins. Les qualités des individus liés à l’Eau sont l’empathie, la tendresse et la sérénité. Ces défauts sont la timidité, la dépression et l’hypersensibilité.

Par sieur Daraiden, Maître du Savoir de Mass’Hillia